Le Rafale à l’export: encore un petit effort!

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Uniquement acheté par l’armée française, qui en possède 78 exemplaires, l’avion de combat multirôles de Dassault a jusqu’à présent toujours échoué à l’export. Le Brésil sera-t-il le premier pays à s’équiper?

Pas encore de contrat

Ce qui a été annoncé lundi 7 septembre, au Brésil, par les présidents Nicolas Sarkozy et Luiz Inacio Lula da Silva, en présence de Charles Edelstenne, patron de Dassault Aviation, et de Serge Dassault, c’est l’ouverture de négociations avec l’avionneur français: tout reste à faire pour conclure la vente. A savoir, discuter des éléments techniques de l’offre, des transferts de technologie, des équipements et des prix. « Cela peut prendre 5 mois comme 5 ans », concède-t-on au siège de Dassault à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). Une chose est sûre: les concurrents, l’Américain Boeing et le Suédois Gripen, ne sont plus en lice.

Deux autres négociations en cours

Ce n’est pas le premier effet d’annonce sur la possible vente de Rafale à l’étranger. Le 14 décembre 2007, lors de la visite controversée du colonel Kadhafi à Paris, Charles Edelstenne avait annoncé la vente « a priori acquise » de 14 avions à la Libye; un mémorandum d’intention avait été signé pour six mois de négociation exclusive… Elle est toujours en cours et, selon nos informations, Tripoli souhaiterait l’étendre à 40 appareils. Le 5 juin 2008, c’est Nicolas Sarkozy qui crée la surprise en annonçant la décision des Emirats arabes unis d’engager des « discussions » avec Paris pour l’achat de Rafale, destinés à remplacer une soixantaine de Mirage 2000.

Un forcing politique

Sur ce sujet comme sur les autres, Nicolas Sarkozy veut être le premier à réussir… là où Jacques Chirac a échoué. « Jamais un président n’a autant mouillé sa chemise », confiait il y a quelques jours un bon connaisseur du dossier. La même source laisse entendre que Jacques Chirac n’était pas aussi proche de Serge Dassault qu’on voulait bien le croire. Surprenant: le fils de Marcel aurait même été desservi par le cercle des fidèles de l’ancien président de la République. L’engagement de Sarkozy  vient en outre opportunément effacer le bras de fer qui a opposé il y a quelques mois l’Elysée et Dassault, nouvel actionnaire de référence de Thales, sur le choix de son président, Luc Vigneron.

A point nommé pour Dassault

Alors que le constructeur subit depuis un an une crise sans précédent sur le marché des avions d’affaires _ les Falcon, qui représentent 70% de son chiffre d’affaires actuel_ la vente de 36 Rafale au Brésil constituerait plus qu’une bouffée d’oxygène, un formidable relais pour des équipes de production qui connaissent depuis cet été le chômage partiel sur le site de Mérignac. Surtout, une première vente enfin concrétisée à l’export ouvrirait la voie à d’autres contrats. Dassault a notamment de grandes chances de conclure d’ici à la fin de l’année avec Abu Dhabi. De quoi arriver en meilleure position sur trois autres marchés prometteurs pour les années à venir: la Suisse, la Grèce et l’Inde.

Article de Valérie Lion, Romain Rosso, publié le 07/09/2009 19:55 – mis à jour le 07/09/2009 20:02

http://www.lexpress.fr/actualite/economie/le-rafale-a-l-export-encore-un-petit-effort_785029.html

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